IIEG
17 janvier 2026

Le droit international à l’épreuve du réel

Analyse des limites du droit international face aux rapports de force, aux sanctions et aux crises de gouvernance, à partir du cas vénézuélien.
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Christophe Scillieri

Christophe Scillieri est créateur d’entreprise et développeur, spécialisé dans l’intégration de données spatiales 3D et les systèmes complexes. Ancien chargé de mission à Médecins du Monde, membre de l’Institut International d’Études Géopolitiques.

Le droit international à l’épreuve des
rapports de force contemporains : le cas
vénézuélien

1. Le droit international : un rempart pour la paix et la justice

Le droit international est un ensemble de règles juridiques qui ont pour but principal de
réguler les relations entre les États et les acteurs internationaux. Son objectif principal est
d’assurer la paix, la sécurité, la coopération et le respect des droits fondamentaux entre
les nations.
Il doit ..
-Maintenir la paix et la sécurité entre les États.
-Encadrer les échanges (économiques, diplomatiques,etc.).
-Protéger les droits humains et les libertés fondamentales.
-Favoriser la justice et la résolution pacifique des conflits.

2. Le Venezuela de Maduro : un cas d’école des violations du droit international

Depuis 2024, le régime de Nicolás Maduro est régulièrement accusé de violer
systématiquement le droit international, notamment à travers du non-respect des principes
démocratiques et de la souveraineté, et de violations des droits humains.
Au-delà de ces manquements, le Venezuela contribue à déstabiliser la région et à
menacer ses voisins, notamment par le trafic international de drogue et la crise
migratoire. Le peuple vénézuélien, quant à lui, subit de plein fouet des crises
humanitaires, économiques, sanitaires et des atteintes répétées à ses droits
fondamentaux.

3. Sanctions internationales : une réponse suffisante ?

Le droit international est conçu pour s’appliquer universellement, indépendamment du
comportement des États.
Et lorsque des états violent systématiquement ce droit, la communauté peut imposer des
sanctions de diverses manières (comme l’a fait l’UE contre des responsables
vénézuéliens pour violations des droits humains).
Mais ces mesures sont-elles vraiment efficaces ? Elles permettent de marquer une
désapprobation et d’exercer une pression, mais leur impact réel sur les régimes
autoritaires reste limité.

4. Derrière les chiffres, des vies brisées

Sans entrer dans le sentimentalisme, derrière les chiffres et les concepts géopolitiques,
comment ne pas penser au peuple vénézuélien – comme d’ailleurs à tous les peuples des
pays sous le joug funeste de despotes, ploutocrates, où ni démocratie, ni droit humains ne
sont respectés. Ces dirigeants, souvent mégalomanes, placent leur ego, leur pouvoir et
leur enrichissement personnel au-dessus de toute morale, avec la complicité de ceux
qui les aident à conserver leur butin.

5. Trump et le Venezuela : entre pragmatisme et précèdent dangereux

L’administration Trump a souvent été critiquée pour ses dérives autoritaires et son
mépris du droit international. Entre déclarations choc et actions unilatérales, ses
méthodes soulèvent des inquiétudes, comme le souligne le Président Khaled Hamadé

(IIEG) : « Certaines pratiques créent des précédents juridiques dangereux. ». Dans les
plans de M. Trump le futur du Venezuela, ne semble pas vraiment concerner le peuple
vénézuélien.
Mais peut-on soustraire à l'administration Trump le bénéfice d'avoir écarter un dictateur
(selon la Communauté internationale), et un baron de la drogue (rapports de l’ONU et de
la DEA), et qui est soutenu par des principaux pays à qui la démocratie donne des
boutons (je pense à la Russie, la Chine et l’Iran .…) ? Cette « décapitation » du pouvoir
— bien qu’illégitime — a-t-elle au moins permis de soulager, même partiellement, la
souffrance du peuple vénézuélien ? La question reste ouverte, surtout pour ceux qui
croient en la démocratie comme meilleur système étatique.

6. L’ONU et le droit de veto : un frein à l’efficacité ?

Sans une nouvelle intervention surprise, l’administration Trump finira par s’effacer. Faute
de quoi comme le craint M. Hamadé, un tournant vers des sociétés plus brutales, basées
sur la forces pourrait s’annoncer.

Quel avenir pour le droit international ?

Faut-il alors repenser le rôle de l’ONU ?
Son système de droit de veto, qui permet à quelques nations de bloquer des décisions,
limite son efficacité. Comment rendre cette institution plus agile et plus juste, alors que des
pays comme la Russie ou la Chine protègent souvent des régimes controversés ?
Un espoir subsiste.
On peut imaginer que l’audace des États-Unis — aussi contestable soit-elle — puisse
inspirer une réforme du droit international. Pourquoi ne pas envisager, à l’avenir, un
mandat pour intervenir en cas de violations graves des droits humains ? Une telle
mesure, aujourd’hui inexistante, pourrait renforcer l’efficacité de la communauté
internationale.

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