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L'Institut International d’Études Géopolitiques (IIEG) est une plateforme d’analyse et d’action dédiée aux transformations géopolitiques mondiales, avec un focus particulier sur la Méditerranée, l’Afrique, le Caucase et l’Asie centrale.

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La protection du patrimoine culturel en période de conflit armé : vers une nouvelle diplomatie juridique préventive ?
Société, Culture & Droit

La protection du patrimoine culturel en période de conflit armé : vers une nouvelle diplomatie juridique préventive ?

Cet article s'inscrit dans les travaux du Pôle Prévention et Résolution des Conflits de l'Institut International d'Études Géopolitiques (IIEG), dont l'auteur est membre. Il prolonge la réflexion de l'Institut sur la diplomatie de prévention et sur les conditions dans lesquelles le droit international peut agir avant que les violations ne soient commises. Il est rédigé par son auteur à titre strictement personnel et n'engage ni la Délégation permanente du Liban auprès de l'UNESCO, ni les autorités libanaises.Les conflits armés contemporains mettent en évidence un paradoxe persistant : malgré l'existence d'un cadre juridique international relativement développé, la destruction du patrimoine culturel demeure une réalité. La décision de l'UNESCO du 1er avril 2026, accordant une protection renforcée provisoire à 39 biens culturels libanais, ouvre une réflexion sur la capacité des mécanismes multilatéraux à prévenir les atteintes au patrimoine, au-delà de leur portée déclaratoire.À partir du cas libanais et d'une mise en perspective comparative, cette analyse examine les possibilités, les limites juridiques et les conditions d'effectivité du régime institué par le Deuxième Protocole de 1999 à la Convention de La Haye de 1954. Elle défend l'hypothèse selon laquelle la protection renforcée pourrait contribuer à l'émergence d'une diplomatie juridique préventive, à condition que l'activation du droit s'accompagne d'une diffusion opérationnelle, d'un suivi indépendant et d'une responsabilisation effective des acteurs concernés.I. La protection du patrimoine culturel : du principe juridique à l'impératif préventifLa destruction du patrimoine culturel en période de conflit armé ne se limite pas à la disparition de monuments ou de vestiges historiques. Elle peut également affecter la mémoire collective, la transmission des identités et les conditions de reconstruction des sociétés.Cette dimension explique le développement progressif d'un cadre juridique international consacré à la sauvegarde des biens culturels. La Convention de La Haye du 14 mai 1954 constitue à cet égard une référence fondamentale. Son article 4 impose aux États parties de respecter les biens culturels, notamment en s'abstenant de les utiliser à des fins susceptibles de les exposer à la destruction et de diriger des actes d'hostilité contre eux, sous réserve des exceptions strictement encadrées liées à la nécessité militaire impérative [1].Cependant, comme l'avait démontré Thomas Desch dans son analyse des fondements du Deuxième Protocole de 1999, les conflits survenus après l'adoption de la Convention ont révélé les insuffisances des instruments traditionnels, notamment en matière de mise en œuvre et de responsabilité [2].Le Deuxième Protocole du 26 mars 1999 a cherché à renforcer ce dispositif en introduisant des obligations plus précises et un mécanisme de protection renforcée pour les biens culturels de la plus haute importance pour l'humanité [3].L'article 11 § 9 prévoit notamment une procédure d'urgence permettant d'accorder une protection renforcée provisoire en cas d'hostilités. Cette procédure peut être activée sans attendre la démonstration de toutes les garanties juridiques et administratives exigées dans le cadre de la procédure ordinaire, sous réserve du respect des conditions prévues aux articles 10 a) et 10 c).L'intérêt de ce mécanisme tient ainsi à sa dimension temporelle : le droit international ne se limite plus à organiser la protection en temps de paix ou à sanctionner certaines violations après leur commission. Il prévoit également une procédure permettant d'agir juridiquement pendant le déroulement même des hostilités.La question demeure néanmoins de savoir dans quelle mesure cette capacité d'action institutionnelle peut produire une prévention effective.II. Le Liban en 2026 : une mobilisation rapide du droit international humanitaireLe 1er avril 2026, à la demande du Liban, le Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé s'est réuni en session extraordinaire au siège de l'UNESCO à Paris. Cette réunion a abouti à l'octroi d'une protection renforcée provisoire à 39 biens culturels libanais et à l'attribution d'une assistance financière internationale de plus de 100 000 dollars pour des opérations d'urgence [4].Cette décision faisait suite à celle du 18 novembre 2024, qui avait déjà placé 34 biens culturels libanais sous protection renforcée provisoire, portant ainsi à 73 le nombre de biens concernés par ces deux décisions successives.Au-delà de sa portée patrimoniale, cette séquence présente un intérêt particulier pour l'analyse du fonctionnement des mécanismes multilatéraux.Selon le document officiel C54/26/5.EXT.COM/4, le Liban avait soumis ses 39 demandes le 25 mars 2026. Leur enregistrement par le Secrétariat est intervenu dès le lendemain, avant leur transmission aux États parties concernés le 27 mars. Les dossiers comprenaient notamment des délimitations cartographiques et des déclarations individuelles de non-utilisation militaire signées par le ministère libanais de la Défense [5].En une semaine, une demande nationale a ainsi été transformée en une décision multilatérale fondée sur un instrument conventionnel préexistant.Ce processus illustre la capacité d'une organisation internationale spécialisée à mobiliser rapidement ses instruments juridiques, même lorsque les mécanismes traditionnels de sécurité collective rencontrent des difficultés.Il serait toutefois prématuré d'assimiler cette réussite procédurale à une réussite préventive démontrée.L'inscription d'un bien sur la Liste internationale des biens culturels sous protection renforcée modifie son statut dans le cadre du régime conventionnel applicable. Elle ne constitue pas, en elle-même, la preuve que les forces armées concernées ont modifié leurs comportements, ni une garantie matérielle contre les dommages futurs.C'est précisément cette distinction entre portée normative et effectivité opérationnelle qui doit orienter l'évaluation scientifique du mécanisme.III. L'opposabilité aux États non parties : la limite juridique fondamentaleL'efficacité de la protection renforcée soulève une difficulté juridique majeure lorsque les parties à un conflit ne sont pas toutes liées par le Deuxième Protocole de 1999.En vertu du principe pacta tertiis nec nocent nec prosunt, consacré notamment par l'article 34 de la Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités, un traité ne crée en principe ni obligations ni droits pour un État tiers sans son consentement [6].L'article 3 § 2 du Deuxième Protocole prévoit néanmoins une situation particulière : lorsqu'une partie à un conflit armé n'est pas liée par le Protocole, les États parties restent liés dans leurs relations mutuelles. Ils sont également tenus par ses dispositions dans leurs relations avec un État partie au conflit qui n'y a pas adhéré, si ce dernier accepte les dispositions du Protocole et aussi longtemps qu'il les applique [3].Il serait donc juridiquement inexact d'affirmer que l'attribution d'une protection renforcée rend automatiquement l'ensemble du régime de 1999 opposable à tout État impliqué dans un conflit.Le cas libanais permet d'illustrer cette distinction. Selon les données officielles de l'UNESCO, le Liban est partie au Deuxième Protocole depuis 2020, tandis qu'Israël est partie à la Convention de 1954 mais non au Deuxième Protocole de 1999 [7].Il en résulte que les obligations spécifiques du régime de protection renforcée, notamment l'immunité prévue à l'article 12 du Protocole, ne peuvent être automatiquement invoquées à l'encontre d'Israël sur le seul fondement de son adhésion à la Convention de 1954.Cette limite ne signifie aucunement une absence d'obligations internationales.En tant qu'État partie à la Convention de 1954, Israël demeure soumis aux obligations pertinentes de celle-ci. Indépendamment des engagements conventionnels, les règles du droit international humanitaire coutumier, relatives à la protection du patrimoine culturel peuvent également s'imposer aux parties à un conflit.L'étude du Comité international de la Croix-Rouge identifie notamment, à travers ses règles 38 à 40, des obligations coutumières concernant la protection contre les attaques, l'utilisation militaire et les actes de destruction ou de pillage des biens culturels [8].Il importe toutefois de ne pas confondre ces obligations générales avec l'ensemble du régime conventionnel spécifique de protection renforcée institué en 1999. La seule existence de règles coutumières protégeant le patrimoine ne suffit pas à démontrer que chaque disposition de ce régime particulier aurait acquis une valeur coutumière.Cette distinction révèle une limite structurelle de la diplomatie juridique préventive : la reconnaissance multilatérale d'un statut protecteur peut avoir une portée diplomatique universelle sans produire automatiquement des effets conventionnels identiques à l'égard de tous les acteurs.Dans cette perspective, l'universalisation du Deuxième Protocole, la promotion d'engagements volontaires conformes à ses principes et la diffusion des obligations déjà applicables devraient constituer des objectifs complémentaires de la diplomatie multilatérale.IV. Mesurer l'efficacité préventive : dépasser le nombre de biens protégésL'une des principales difficultés méthodologiques réside dans l'évaluation des effets réels de la protection renforcée.Le nombre de biens inscrits, la rapidité des décisions ou le volume de l'assistance internationale permettent de mesurer l'activité institutionnelle. Ils ne suffisent cependant pas à mesurer la prévention des violations.Une évaluation plus rigoureuse devrait distinguer quatre dimensions complémentaires :L'efficacité procédurale pouvant être appréciée à partir du délai entre la demande nationale et la décision internationale, de la qualité des dossiers transmis et de la rapidité de notification aux acteurs concernés.L'effectivité opérationnelle supposant d'examiner si les informations relatives aux biens protégés ont été effectivement communiquées aux autorités militaires, intégrées aux mécanismes de planification des opérations et prises en compte dans les procédures de vérification des objectifs. Les accusés de réception, les formations dispensées et les directives opérationnelles accessibles constitueraient des indicateurs utiles.L'efficacité protectrice nécessiterait d'étudier l'évolution des dommages subis par les biens protégés, ainsi que les incidents militaires survenus à proximité. Une telle analyse devrait tenir compte de l'intensité des hostilités, de la localisation des sites et de leur exposition initiale aux risques.Enfin, l'effectivité juridique pourrait être évaluée à travers la documentation des violations alléguées, les enquêtes ouvertes, les mesures correctives adoptées et, le cas échéant, les procédures judiciaires engagées.La méthodologie la plus pertinente consisterait à comparer l'évolution de biens bénéficiant de la protection renforcée avec celle de biens comparables qui n'en bénéficient pas, lorsque les données disponibles le permettent.Cette comparaison devrait idéalement reposer sur une situation de référence antérieure à l'inscription, puis sur un suivi périodique après la décision. Elle devrait aussi intégrer des variables telles que l'intensité des combats, la proximité des objectifs militaires et la nature des sites.Il convient de souligner une difficulté supplémentaire : les biens les plus menacés peuvent précisément être ceux pour lesquels une protection renforcée est sollicitée. Cette sélection peut fausser les comparaisons si elle n'est pas correctement prise en compte.Par ailleurs, l'absence de dommage constaté ne prouve pas nécessairement un effet dissuasif. Inversement, la survenance de dommages ne démontre pas automatiquement l'inefficacité juridique du dispositif, puisqu'elle peut résulter de multiples facteurs.L'observation satellitaire menée notamment dans le cadre de la coopération entre l'UNESCO et UNITAR/UNOSAT offre un outil pertinent pour documenter l'évolution matérielle des sites [4]. Elle devrait néanmoins être complétée, lorsque cela est possible, par des informations de terrain et des données indépendantes sur les circonstances des incidents.Il serait donc plus rigoureux de considérer la protection renforcée comme une intervention dont les effets préventifs doivent être démontrés, plutôt que présumés.V. Vers une diplomatie juridique préventive : quelles perspectives ?La pratique récente de l'UNESCO, notamment au Liban et en Ukraine, montre que les mécanismes internationaux de protection renforcée peuvent être activés dans des délais relativement courts. En septembre 2023, 20 biens culturels ukrainiens avaient ainsi bénéficié d'une protection renforcée provisoire dans le cadre de la même procédure d'urgence [9].Ces expériences permettent d'envisager une évolution des pratiques diplomatiques, sans pour autant établir l'existence d'une nouvelle catégorie autonome du droit international.La notion de diplomatie juridique préventive peut être entendue comme la mobilisation coordonnée d'instruments conventionnels, de procédures multilatérales et de moyens techniques afin d'influencer les comportements des acteurs avant la commission de violations.Trois orientations permettraient de renforcer cette approche.La première consiste à développer une meilleure articulation entre institutions culturelles et autorités militaires. Les décisions de protection devraient s'accompagner de procédures de notification, de formations et de mécanismes de coordination adaptés. Le Manuel militaire sur la protection des biens culturels, publié par l'UNESCO en 2016, constitue une base opérationnelle utile à cet égard [10].La deuxième orientation concerne la création d'un cadre d'évaluation périodique. Les organes compétents pourraient encourager la production d'indicateurs communs relatifs à la notification des décisions, à l'évolution des dommages et à la mise en œuvre de mesures préventives. Cette approche permettrait de distinguer plus clairement les résultats administratifs des effets protecteurs.La troisième priorité réside dans le renforcement du lien entre prévention et responsabilité. La jurisprudence de la Cour pénale internationale dans l'affaire Al Mahdi, relative aux attaques contre des monuments religieux et historiques de Tombouctou, rappelle que les destructions intentionnelles du patrimoine peuvent, lorsque les conditions juridiques sont réunies, constituer des crimes de guerre engageant la responsabilité pénale individuelle [11].La perspective de poursuites ne garantit pas une dissuasion effective. Elle peut néanmoins contribuer à renforcer la crédibilité du cadre protecteur, sous réserve de mécanismes d'enquête, de compétence et d'exécution appropriés.Conclusion — De la protection proclamée à la prévention démontréeLa décision du 1er avril 2026 relative au patrimoine culturel libanais illustre la capacité des mécanismes multilatéraux spécialisés à produire rapidement des effets juridiques en période de crise. Elle souligne simultanément les limites d'un système international dans lequel l'effectivité des obligations dépend du champ d'application des instruments conventionnels, du comportement des parties aux conflits et de la capacité des institutions à suivre leur mise en œuvre.L'avenir du régime de protection renforcée ne devrait donc pas être apprécié uniquement à travers l'augmentation du nombre de biens inscrits sur une liste internationale. Il devrait également être évalué en fonction de sa capacité à favoriser la prise en compte du patrimoine dans la conduite des opérations militaires, à réduire les risques documentés et à renforcer la responsabilité en cas de violation.En ce sens, la diplomatie juridique préventive ne constituerait pas une alternative aux règles existantes du droit international humanitaire, mais une méthode visant à renforcer leur mobilisation et leur effectivité.Le véritable progrès du multilatéralisme ne résiderait alors pas seulement dans sa capacité à reconnaître les biens culturels menacés, mais dans son aptitude à démontrer que cette reconnaissance contribue effectivement à leur préservation.Références juridiques et bibliographiquesSources juridiques et institutionnelles[1] UNESCO, Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, La Haye, 14 mai 1954, art. 4. Texte officiel, CICR.[2] Desch, Thomas, « The Second Protocol to the 1954 Hague Convention for the Protection of Cultural Property in the Event of Armed Conflict », Yearbook of International Humanitarian Law, vol. 2, 1999, p. 63–90. DOI : 10.1017/S1389135900000374.[3] UNESCO, Deuxième Protocole relatif à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, 26 mars 1999, art. 3, 10–13 et 15. Texte officiel.[4] UNESCO, « Lebanon: 39 cultural properties placed under enhanced protection », communiqué de presse, 1er avril 2026, actualisé le 14 octobre 2026. Lire le communiqué.[5] UNESCO, Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, Requests for the Granting of Provisional Enhanced Protection to Cultural Properties in Lebanon, C54/26/5.EXT.COM/4, 27 mars 2026. Document officiel PDF.[6] Nations Unies, Convention de Vienne sur le droit des traités, 23 mai 1969, notamment art. 34, 35 et 38. Texte officiel, Commission du droit international.[7] UNESCO, States Parties to the 1954 Hague Convention and its two Protocols, état actualisé au 13 avril 2026. Tableau officiel des États parties.[8] Henckaerts, Jean-Marie et Doswald-Beck, Louise, Customary International Humanitarian Law, vol. I: Rules, Cambridge University Press / CICR, 2005, règles 38–40. Base de données du CICR — règle 38.[9] UNESCO, « Ukraine: 20 cultural properties receive enhanced protection by UNESCO’s Second Protocol to the 1954 Hague Convention », 7 septembre 2023. Communiqué officiel.[10] O'Keefe, Roger, Péron, Camille, Musayev, Tofig et Ferrari, Gianluca, Protection of Cultural Property: Military Manual, UNESCO et Institut international de droit humanitaire, 2016. Consulter le manuel.[11] Cour pénale internationale, Le Procureur c. Ahmad Al Faqi Al Mahdi, affaire ICC-01/12-01/15, ordonnance de réparation du 17 août 2017. Communiqué officiel.Référence doctrinale complémentaireHladík, Jan, « How the Guidelines for the Implementation of the 1999 Second Protocol to the Hague Convention of 1954 Contribute to Better Protection of Cultural Property », International Review of the Red Cross, vol. 104, nos 920–921, 2022, p. 1948–1970. DOI : 10.1017/S181638312200042X.

27 Oct 2026 Lire la suite →
L’Onde de Choc Géoéconomique du Conflit Iran-USA-Israël
Sécurité & Défense

L’Onde de Choc Géoéconomique du Conflit Iran-USA-Israël

Le différend multidimensionnel opposant l’Iran à l’axe Washington-Tel-Aviv, transmuté en confrontation cinétique depuis février 2026, ne constitue pas une simple crise régionale, mais un catalyseur de fragmentation du système-monde. L’intensité de cette crise corrobore les thèses de l'enlisement stratégique, où la posture préventive d’Israël et la doctrine américaine de l’endiguement (containment) visent, par un découplage forcé, à neutraliser l’influence eurasiatique au Moyen-Orient. Les répercussions géoéconomiques se structurent autour de quatre piliers : la sécurité énergétique, la logistique globale, la résilience industrielle et les équilibres macrofinanciers. Crise Énergétique et Rupture des Flux L’asphyxie partielle du détroit d’Ormuz — verrou stratégique où transitent 30 % du pétrole et 17 % du gaz mondial — a engendré une volatilité exogène majeure, propulsant les cours au-delà de 50 % de leur valeur ante-conflit. Le différentiel de rentabilité : Le blocage sélectif (réduction à 5 millions de barils/jour) souligne une asymétrie critique : alors que les coûts d’extraction au Moyen-Orient demeurent marginaux (3-10 $), les hydrocarbures de schiste américains nécessitent un seuil de rentabilité bien plus élevé (40-60 $), accentuant l'inflation énergétique globale. Alternatives et réorientation : Si l’augmentation des débits via l’oléoduc Abqaiq-Yanbu (visant 7 millions b/j selon Saudi Aramco) et le pipeline Habshan-Fujairah offre un palliatif, l’arrêt des voies septentrionales (Kurdistan, BTC) limite la compensation. À moyen terme, nous assistons à un pivotement vers l'Ouest : le développement d'infrastructures méditerranéennes sécurisées par l'emprise américano-israélienne préfigure un détournement des ressources au détriment des économies asiatiques (Chine, Inde, Japon). Reconfiguration de la Logistique et des Échanges L’insécurité dans les chokepoints (Bab el-Mandeb, Suez) impose une redéfinition de la géographie maritime. Le déroutement par le Cap de Bonne-Espérance, s’il garantit la continuité des flux pour les puissances atlantiques, induit une hausse structurelle des coûts (20-30 %) et une extension des délais de livraison. Le déclin des routes Est-Ouest : Le modèle de flux horizontaux, pilier de la mondialisation libérale, est obsolète. L’architecture des « Nouvelles Routes de la Soie » est compromise, hormis ses segments continentaux russes et centrasiatiques, eux-mêmes grevés par l’ostracisme diplomatique envers Moscou. L’émergence du modèle Nord-Sud : Nous observons une transition vers un modèle régionalisé fondé sur le nearshoring et le friendshoring. Ce basculement favorise une réindustrialisation de l'Occident et propulse l’Afrique et l’Amérique Latine comme de nouveaux poumons productifs, articulés autour du nexus énergie-eau-matière. Perturbations et Souveraineté Industrielle Le conflit agit comme un révélateur de la dépendance des industries de transformation vis-à-vis des intrants moyen-orientaux (chimie, métaux, hélium). Le péril alimentaire : La tension sur les engrais est symptomatique. Malgré les capacités de leaders comme l'OCP au Maroc, la dépendance aux intrants régionaux (ammoniac) crée un risque de rupture de charge. Les stratégies de sécurisation de l'Inde et des USA illustrent un retour au protectionnisme stratégique. Économie de défense : Le secteur de l’armement s’affirme comme le principal bénéficiaire de cette instabilité, avec une accélération des budgets militaires mondiaux (dépassant les 1781 milliards de $ dès 2024). Guerre des commodités : L’utilisation par la Chine de ses leviers sur les technologies sensibles (terres rares, PCB) en réponse aux pressions occidentales confirme le passage d’une économie de marché à une économie de gestion des pénuries. Déséquilibres Macroéconomiques et Risque Systémique Le conflit sert de vecteur à une lutte pour la suprématie monétaire. L’ancrage du dollar aux échanges du « nexus stratégique » est une réponse directe à la volonté de dédollarisation des BRICS. Spirale récessionniste : L’inflation importée contraint les banques centrales à un durcissement monétaire. La hausse des taux d'intérêt et l'élargissement des spreads obligataires (notamment entre le Bund et l’OAT) ravivent le spectre d'une fragmentation de la zone euro. Atrophie de la croissance : La corrélation entre hausse du baril et baisse du PIB (0,5 point de croissance perdu pour 10 % d'augmentation du prix) laisse présager une récession mondiale durable, une hausse du chômage structurel et une dégradation insoutenable du service de la dette pour les États les plus exposés. L’affrontement actuel scelle la fin de l’illusion d’une croissance infinie et dérégulée. Le monde bascule dans une ère de fragmentation systémique où le Moyen-Orient demeure le pivot des rapports de force entre l'Est et l'Ouest. La viabilité du système financier international, encore indexée sur le pétrodollar, est désormais mise à l'épreuve par une réalité géopolitique où l'offre prime radicalement sur la demande. Références Clausewitz, C. von : De la Guerre – Pour l'analyse de la continuité de la politique par les moyens financiers. Mackinder, H. : Le Pivot Géographique de l'Histoire – Pertinence de la zone Moyen-Orient/Eurasie. Théorie du Friendshoring (J. Yellen) : Analyse des nouvelles zones d’influence résilientes. Rapports de l'AIE et de la Banque Mondiale (2025-2026) : Données sur les capacités de transport et les prévisions de croissance. Concept de Nexus Énergie-Eau-Alimentation : Cadre d’analyse de la sécurité globale durable.  ‎

28 May 2026 Lire la suite →
Le Maroc comme arche de résilience stratégique
Géopolitique & Stratégie

Le Maroc comme arche de résilience stratégique

La crise Américano-israélienne contre l’Iran de février-mars 2026 a révélé la vulnérabilité des grands équilibres énergétiques et logistiques mondiaux. Les tensions autour du détroit d’Ormuz ont été interprétées par les marchés comme un risque de blocage (perturbations de trafic, surcoûts d’assurance, réacheminements,….), la résilience ne dépend plus seulement de la puissance, mais aussi de la capacité à diversifier ses routes, ses partenaires et ses bases d’appui. Dans cette nouvelle configuration, le Maroc apparaît comme un espace de stabilité, d’interconnexion et de projection stratégique de plus en plus crédible. Une crise régionale aux effets systémiques La guerre Américano-israélienne contre l’Iran de février-mars 2026 constitue bien davantage qu’un épisode militaire circonscrit au Moyen-Orient. Elle a agi comme un révélateur brutal des fragilités de l’architecture sécuritaire et énergétique régionale, tout en accélérant l’érosion d’un modèle stratégique longtemps associé à la Pax Americana. La fermeture de facto du détroit d’Ormuz a provoqué un choc économique global. Le baril de Brent a dépassé 114 dollars [1], les coûts du fret maritime ont fortement progressé et les marchés financiers mondiaux ont accusé un net recul. Parmi les indicateurs les plus marquants, l’indice boursier KOSPI sud-coréen a perdu jusqu’à 12 %, tandis que le Nikkei japonais reculait d’environ 2 % et que le Dow Jones cédait près de 400 points [2]. Dans le même temps, la hausse des tensions a provoqué une envolée des prix du gaz en Europe, qui ont augmenté de 50 % depuis le 2 mars [4]. Les conséquences économiques ont également touché d’autres secteurs, notamment le tourisme dans les pays du Golfe, où les projections évoquent une perte potentielle de 56 milliards de dollars et jusqu’à 38 millions de visiteurs en moins pour l’année 2026 [5]. Enfin, les coûts directs du conflit illustrent l’ampleur des pressions économiques générées par la guerre. Selon certaines estimations, l’économie israélienne supporterait un coût d’environ 2,9 milliards de dollars par semaine lié aux opérations militaires et aux perturbations économiques [6]. Le choc de 2026 ou la fin des certitudes La séquence d’escalade Israël–Iran (avec implication américaine) a dépassé le cadre régional pour s’imposer comme un véritable choc géopolitique à effets systémiques. Elle a mis en lumière les limites d’un système reposant à la fois sur la centralité d’un unique corridor énergétique — le détroit d’Ormuz — et sur une architecture sécuritaire largement adossée aux États-Unis. Cette lecture est discutée : certains y voient que les 2 000 milliards de dollars d’investissements promis aux États-Unis peuvent apparaître moins comme le prix d’une protection durable que comme le coût d’une dépendance stratégique devenue plus incertaine [3]. Ce choc n’est pas simplement conjoncturel. Il révèle une transformation structurelle. Il oblige à repenser le concept même de sécurité économique. Pour les économies dont la prospérité repose sur la circulation fluide des hydrocarbures et la stabilité des routes commerciales, la diversification des ancrages logistiques et stratégiques devient désormais un impératif. Le Maroc, un pôle de stabilité dans un environnement incertain Dans ce paysage en recomposition, le Maroc se distingue par un ensemble d’attributs qui renforcent sa crédibilité comme espace de continuité et de projection stratégique. Sa valeur géopolitique ne tient pas uniquement à sa position géographique. Elle repose sur un modèle combinant stabilité institutionnelle, infrastructures performantes, diplomatie multidimensionnelle et capital humain transnational. Une stabilité politique consolidée La continuité dynastique et la vision stratégique de long terme portées par la Monarchie confèrent au Maroc une continuité des politiques publiques dans la région. Cette stabilité constitue un facteur déterminant pour les investissements stratégiques à cycle long. Des infrastructures logistiques de rang mondial Cette architecture portuaire est appelée à se renforcer avec la montée en puissance du port de Nador West Med, situé dans la baie de Betoya, à environ 30 km à l’ouest de la ville de Nador. Conçu comme un port en eau profonde de nouvelle génération, il est destiné à devenir l’un des principaux hubs logistiques et énergétiques de la Méditerranée occidentale. Sa composante conteneurs prévoit une capacité initiale d’environ 3 millions d’EVP, extensible à 5 millions d’EVP à terme. Pris ensemble, Tanger Med, Nador West Med et Dakhla Atlantique dessinent progressivement un véritable arc portuaire stratégique marocain, reliant la Méditerranée, le détroit de Gibraltar et l’Atlantique. Ce qui augmente la valeur du Maroc comme solution de contournement et de continuité en cas de stress sur les corridors Ormuz–Mer Rouge–Suez. Une diplomatie multidimensionnelle Le Maroc se distingue également par sa capacité à dialoguer avec plusieurs centres de puissance. Il est à la fois allié majeur hors-OTAN des États-Unis depuis 2004, partenaire privilégié de l’Union européenne et acteur croissant de l’intégration africaine à travers l’Initiative Atlantique. Parallèlement, il entretient des relations suivies avec la Chine et la Russie [9]. Un capital humain transnational Les transferts financiers des Marocains Résidant à l’Étranger ont atteint 12,9 milliards de dollars en 2024, soit plus de 8 % du PIB national [10]. Au-delà de leur dimension économique, ces flux témoignent de la profondeur des liens entre la diaspora et l’économie nationale. Trois scénarios pour les 6 à 18 prochains mois Dans un environnement aussi incertain, la méthode des scénarios permet de structurer l’analyse. Le premier scénario est celui d’un conflit contenu. Dans cette hypothèse, les tensions militaires restent principalement circonscrites à l’affrontement entre l’Iran et Israël, sans extension majeure aux autres acteurs régionaux. Les perturbations du détroit d’Ormuz demeurent intermittentes, provoquant des tensions régulières sur les marchés énergétiques et sur les coûts d’assurance maritime. Les flux pétroliers ne sont pas durablement interrompus mais restent exposés à des risques sécuritaires élevés. Dans ce contexte, les prix de l’énergie demeurent élevés et volatils, oscillant autour de 100 à 120 dollars le baril, sans franchir durablement des seuils critiques pour l’économie mondiale. Le second scénario est celui d’une escalade régionale. Dans cette configuration plus critique, le conflit s’élargit progressivement en impliquant plus directement certains acteurs du Golfe et leurs infrastructures stratégiques. Les attaques contre les installations énergétiques, les ports ou les routes maritimes se multiplient, entraînant un blocage prolongé ou partiel du détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du commerce maritime mondial de pétrole. Une telle situation provoquerait un choc énergétique majeur et pourrait propulser les prix du pétrole bien au-delà de 130 ou 150 dollars le baril, générant une forte inflation énergétique mondiale, des tensions sur les marchés financiers et un risque réel de ralentissement économique global. Le troisième scénario est celui d’une stabilisation précaire. Dans cette hypothèse, une médiation internationale — potentiellement portée par plusieurs puissances ou organisations internationales — parvient à instaurer un cessez-le-feu fragile entre les parties. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz reprend progressivement, permettant une détente relative sur les marchés énergétiques. Les prix du pétrole pourraient alors se stabiliser dans une fourchette comprise entre 90 et 110 dollars le baril. Toutefois, cette stabilisation demeure structurellement fragile : la méfiance entre les acteurs régionaux persiste et les États comme les entreprises poursuivent leurs stratégies de diversification des routes commerciales et logistiques afin de réduire leur exposition aux futurs chocs géopolitiques. Quelles implications stratégiques ? Face à ces incertitudes, plusieurs orientations apparaissent possibles. Cartographie des orientations stratégiques Horizon 0 – 3 mois : sécurisation et continuité opérationnelle Dans la phase immédiate, la priorité consiste à réduire l’exposition aux perturbations logistiques et énergétiques provoquées par l’instabilité régionale. Les acteurs économiques et institutionnels doivent se concentrer sur la sécurisation des flux commerciaux et la diversification des bases opérationnelles. Plusieurs actions peuvent être envisagées : Constitution de capacités logistiques de sécurité à Tanger Med, permettant de sécuriser les flux commerciaux vers l’Europe et l’Afrique et d’anticiper d’éventuelles ruptures de chaînes d’approvisionnement. Audit stratégique des chaînes logistiques et énergétiques, afin d’identifier les dépendances critiques liées aux routes maritimes du Golfe et de la mer Rouge. Relocalisation partielle de fonctions stratégiques (gestion logistique, finance, supervision régionale) vers des hubs stables comme Casablanca Finance City. Renforcement des stocks stratégiques pour les secteurs sensibles (énergie, matières premières, composants industriels). Horizon 3 – 6 mois : diversification et déploiement opérationnel Une fois la continuité opérationnelle assurée, l’enjeu consiste à transformer la gestion de crise en stratégie de diversification structurelle. Les initiatives peuvent inclure : Développement de partenariats industriels et logistiques autour des infrastructures marocaines (Tanger Med, Nador West Med et plateformes industrielles). Investissements ciblés dans les zones économiques marocaines, notamment dans les secteurs industriels, agroalimentaires et pharmaceutiques, afin de renforcer les capacités de production régionales. Mise en place de projets pilotes dans la transition énergétique, en particulier dans la filière hydrogène vert, domaine dans lequel le Maroc ambitionne de mobiliser 1 million d’hectares et 35 milliards de dollars d’investissements [11]. Structuration de corridors logistiques alternatifs reliant l’Atlantique, l’Europe et l’Afrique. Horizon 6 – 18 mois : intégration stratégique et projection africaine À plus long terme, l’objectif devient la consolidation d’un partenariat stratégique durable et l’intégration progressive des initiatives dans une architecture économique régionale plus large. Plusieurs axes peuvent être développés : Création de véhicules d’investissement conjoints destinés à financer des projets d’infrastructures et d’industrialisation en Afrique. Renforcement des corridors économiques atlantiques, reliant le Maroc aux marchés africains émergents et aux routes commerciales transatlantiques. Développement d’écosystèmes industriels régionaux autour de secteurs stratégiques : énergie, logistique, industrie automobile, agro-industrie et technologies vertes. Institutionnalisation d’un dialogue économique et stratégique de long terme entre partenaires publics et privés afin d’anticiper les futures transformations géopolitiques. Cette approche graduelle permet de passer d’une logique de gestion des risques à une logique de projection stratégique, transformant les incertitudes géopolitiques en opportunités de recomposition économique. La résilience comme nouvelle grammaire stratégique La crise de 2026 constitue un point d’inflexion. Elle rappelle que les architectures de sécurité fondées sur des dépendances trop concentrées deviennent inévitablement fragiles. Dans ce contexte, la résilience ne se limite plus à la capacité de résister aux crises. Elle repose désormais sur la faculté d’organiser des relais de stabilité, de multiplier les points d’ancrage et de diversifier les routes économiques. Par sa stabilité institutionnelle, la qualité de ses infrastructures, la souplesse de sa diplomatie et la profondeur de ses réseaux humains et économiques, le Maroc apparaît comme l’un des espaces les plus crédibles pour accompagner cette transition. Dans un monde où les grandes routes maritimes — du détroit d’Ormuz à la mer Rouge, du canal de Suez au détroit de Gibraltar — redeviennent des espaces de tension stratégique, la capacité à organiser des continuités logistiques alternatives devient un facteur déterminant de stabilité économique. Par la complémentarité de ses infrastructures portuaires, de Tanger Med à Nador West Med et jusqu’au futur port de Dakhla Atlantique, le Maroc se positionne progressivement comme l’un des pivots de cette nouvelle géographie des flux. À la croisée de la Méditerranée, de l’Atlantique et des dynamiques africaines, il tend ainsi à incarner une véritable arche de résilience stratégique, capable d’articuler les nouvelles routes commerciales dans un système international de plus en plus fragmenté. Comme l’écrivait Ibn Khaldoun, l’histoire ne se répète pas mais elle enseigne. La leçon de cette crise est peut-être la suivante : dans un monde plus fragmenté, l’autonomie stratégique dépend moins de la puissance brute que de la capacité à construire des continuités durables. Références [1] Reuters. (2026). Oil prices surge above $110 as Middle East tensions threaten Strait of Hormuz shipping.https://www.reuters.com/markets/commodities/ [2] Financial Times. (2026). Global markets slide as Middle East conflict rattles investors.https://www.ft.com [4] Le Monde. (2026, 5 mars). Guerre au Moyen-Orient : la mécanique d’un nouveau choc économique est en place. https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/03/05/guerre-en-iran-la-mecanique-d-un-nouveau-choc-economique-est-en-place_6669595_3234.html [5] BFM TV. (2026, 4 mars). Jusqu’à 38 millions de visiteurs en moins et 56 milliards de dollars de manque à gagner en 2026. https://www.bfmtv.com/economie/international/jusqu-a-38-millions-de-visiteurs-en-moins-et-56-milliards-de-dollars-de-manque-a-gagner-en-2026-le-conflit-au-moyen-orient-menace-le-lucratif-secteur-du-tourisme-dans-le-golfe_AV-202603040534.html [6] Arab News. (2026, 4 mars). Damage to Israeli economy from Iran war could top $2.9 billion a week. https://www.arabnews.com/node/2635242 [7] Tanger Med. Pôle Portuaire et Logistique. https://www.tangermed.ma/fr/pole-portuaire-et-logistique/ Golfe : la guerre Iran–États-Unis met fin à cinquante ans de Pax Americana                

09 Mar 2026 Lire la suite →

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20 Nov 2026

Khaled Hamadé au Forum annuel de l’IMRI : Maroc-Afrique face à un nouvel ordre mondial

Khaled Hamadé, Président de l’Institut International d’Études Géopolitiques (IIEG), participera au Forum annuel de l’IMRI, qui se tiendra les 20 et 21 novembre 2026 à l’Hôtel Val d’Anfa, Aïn Diab, Casablanca, autour du thème : « Maroc-Afrique face à un nouvel ordre mondial en devenir : Souveraineté, Recomposition géopolitique, Transition énergétique, Économie numérique ». Khaled Hamadé interviendra lors du panel d’ouverture, le vendredi 20 novembre, contribuant aux réflexions sur les profondes recompositions de l’ordre mondial et leurs implications pour le Maroc et le continent africain. Cette participation s’inscrit dans la continuité des travaux de l’IIEG sur les nouveaux équilibres géopolitiques, les enjeux de souveraineté et les transformations stratégiques qui redessinent les relations entre le Maroc, l’Afrique et le reste du monde.

Casablanca
28 Nov 2026

Khaled Hamadé au MEDays 2026 : repenser la sécurité mondiale et régionale

Khaled Hamadé, Président de l’Institut International d’Études Géopolitiques (IIEG), participera au MEDays 2026, à l’occasion de la table ronde « Nouvelles menaces, nouveaux équilibres : Repenser la sécurité mondiale et régionale », le samedi 28 novembre 2026 à 15h30. Cette table ronde réunira un panel international particulièrement riche, composé de représentants étatiques de plusieurs pays et continents, aux côtés de responsables et experts issus d’instituts de recherche et de géopolitique. Ces regards croisés permettront d’analyser les nouvelles menaces, les recompositions stratégiques en cours et leurs implications pour la sécurité mondiale et régionale. La participation de Khaled Hamadé s’inscrit dans les travaux de l’IIEG consacrés aux mutations de l’ordre international, aux nouveaux équilibres géopolitiques ainsi qu’à la prévention et à la résolution des conflits.

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Des chercheurs et analystes de renommée internationale au service de la réflexion stratégique.

Khaled Hamadé

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Fondateur & Président de l'IIEG

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Jacques Touchon

Jacques Touchon

Président du Conseil Scientifique - Expert en maladies neurodégénératives

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Nouzha Bouchareb

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Vise présidente du conseil scientifique - Ancien Ministre de l’Aménagement du Territoire National et de l’Urbanisme

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S.E. Cheikh Ibrahim Hanna-El-Daher

S.E. Cheikh Ibrahim Hanna-El-Daher

Membre du conseil scientifique - Ancien ministre d’État libanais, dirigeant d’entreprise et expert en gouvernance et relations franco-libanaises

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Abdoulaye Sène

Abdoulaye Sène

Directeur du Pôle Prévention et Résolution des Conflits

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Achille Agbé

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Membre du Conseil scientifique de l’IIEG - Expert des marchés de capitaux et spécialiste du droit bancaire et financier, Fondateur EIC Corporation

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Vice-Président chargé de l'Afrique — Ancien Ministre d'État, Ministre de la Justice

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Jean Daniel Ovaga

Membre du Conseil scientifique de l’IIEG - Président exécutif de l’Union Nationale des Opérateurs Économiques du Congo (UNOC), ainsi que Vice-Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins du Congo et Président de l’Alliance du Secteur Privé de la

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Jean-Marie Heydt

Membre du Conseil scientifique de l’IIEG - Expert international et consultant senior auprès d’institutions publiques et internationales

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Najib Zerouali Ouariti

Najib Zerouali Ouariti

Membre du Conseil scientifique de l’IIEG - Ancien ministre ,ancien ambassadeur et figure de référence du monde académique, scientifique et institutionnel

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Wassim Salman

Membre du Conseil scientifique de l’IIEG - Architecte, entrepreneur, fondateur et Managing Director de Atlanta Interior Design & Trading (AIDC)

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Yann Fortunato

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Vice-président chargé de l‘Europe - Fondateur et Président-Directeur Général de Racines de France

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Sanjeev Rao

Sanjeev Rao

Vice-Président Inde - Entrepreneur international, stratège en transformation des organisations et expert des relations économiques

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Amine Benchekri

Amine Benchekri

Directeur exécutif du pôle sud global - Expert en gouvernance, en transformation des organisations, en investissement et en développement économique

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Hamza Belgourari

Hamza Belgourari

Vice-Président Brésil - Expert en diplomatie économique et entrepreneuriat stratégique

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Joseph Maroun

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Vice-Président chargé de l’Océanie et du Pacifique - Dialogue interculturel, de la francophonie et de la coopération internationale

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Oussama Mohamed Nabil Ali

Oussama Mohamed Nabil Ali

Directeur du pôle académique - Professeur émérite à l’Université Al-Azhar du Caire

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Lionel Le Gloanec

Lionel Le Gloanec

Directeur du Pôle Nexus - Expert des questions de résilience territoriale, de transition énergétique et environnementale

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Salim Rabbani

Salim Rabbani

Directeur du pôle industrie néguentropique - Expert en stratégie, supply chain et management de la performance

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Karim Mourtada

Karim Mourtada

Directeur exécutif du pôle prévention et résolution des conflits - Expert en structuration d’opérations internationales, et financement de projets

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Wafae Aziz

Wafae Aziz

Secrétaire Générale - experte en coordination stratégique et développement

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Alice Vittoz

Alice Vittoz

Trésorière de l’Institut International d’Études Géopolitiques

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Othman Mandour

Othman Mandour

Secrétaire chargé de la coordination des pôles - Expert dans les enjeux de stratégie et de développement international

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Alexandre Aoun

Expert Associé - Analyste géopolitique indépendant, il couvre depuis plusieurs années les crises et conflits du Moyen-Orient pour des agences internationales (médias, revues, think tanks…)

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Cyril Badaoui

Cyril Badaoui

Expert associé - Expert libanais en droit international, politiques du développement et géopolitique et diplomate à l' UNESCO

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Jacques Le Courtes

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Expert associé -Expert international en génie végétal et réhabilitation écologique

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Jean Isbecque

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Expert associé - spécialiste en pédologie, permaculture et régénération des sols

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Expert associé - Référente Climat, Adaptation et Résilience territoriale

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Thierry Burlot

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Expert associé - Expert en gouvernance de l’eau, politiques environnementales et gestion durable des ressources naturelles

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Expert associé - Expert en géopolitique, géoéconomie, gouvernance et stratégies de développement

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Expert associé - conseiller en stratégie, spécialisé en géoéconomie, géopolitique et développement stratégique

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Fatima-Zahrae Sotor

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Doctorante-Chercheuse & Enseignante-Vacataire | Pôle Académique

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